M’zelle Emma

De Neuchâtel à l’Ajoie, au fond à gauche du Jura Suisse… Blog d’une presque trentenaire Suisse Romande

 

Enivrée

Résumé : Une foule, une fête, perdue dans la multitude, un monde intérieur ou elle le cherche et le désir, là et tout de suite.Le temps c’était enfin radouci, en cet fin d’avril, le soleil avait brillé toute la journée, la fête du week-end s’annonçait belle et enivrante malgré les nuages qui réapparaissaient à l’horizon…

Une petite fête de village, ou l’on boit jusqu’à plus soif, ou l’on danse, flirt un peu et ou l’on recroise ces autres qui avec le temps, nous sont presque devenu inconnu et qui nous rappellent que le temps passe.

Perdue dans la foule, arrosée par les décibels, le regards déjà un peu troublé par tant de tumultes et d’alcool, je ressens comme un souffle dans mon cou… un léger frisson…

Je me retourne et je vois ton sourire, tes yeux brillant de cette indolence, cette insolence encore juvénile qui m’avait fait troublé à notre première rencontre… et tu me fixais… La au milieu de la foule tu n’avais d’yeux que pour moi.

Ma peau entière se met à frissonner, tu t’approches de moi… Des semaines que je ne t’ai pas vu, pas eu de nouvelle de toi et tu viens à moi, comme si de rien n’était !

Tu m’enlace par la taille et me glisse un bonsoir dans le creux de l’oreille. Le contact de tes joues un peu mal rasé contre les miennes et ta main sur mes hanches me coupe presque le souffle….Vite des mots, ré-enclencher mon cerveau, sourire comme si de rien n’était. L’indifférence, la plus belle des armes des femmes après tout, non ? Cette fois c’est toi qui a l’air surpris, intrigué, qui tente de se rapprocher plus encore. Et moi, je joue, tourne autour de toi, tel un chaton sur sa première souris. J’essaie de me contrôler, si tu savais combien la température en moi est élevée, un vrai brasier qui n’attends que de te dévorer, te consumer quand tu ne t’y attendra pas, à moins que je cède avant.

Tu me prends par la main, me dit qu’il faut que l’on s’éloigne de cette foule bruyante et enivrée, pour pouvoir nous enivrer nous, de la nuit, du ciel à demi-étoilé, de la brise un peu fraîche du printemps… et de choses moins légales… Aah je te reconnais bien là, jamais vraiment sérieux, mais c’est aussi ça qui me chavire tant, me fait oublier qu’on a bientôt trente ans et non plus 15.

Nous sommes couché dans l’herbe d’un champs, éclairé par les lumière de la fête au loin, la fumée s’engouffre dans ma bouche, me pique un peu le fond de la gorge, empli mes poumons et déjà j’ai cette impression de bien-être et de clame qui s’installe. Je te repasse le petit rouleau de papier, surtout ne pas abuser, pour rester maître de sois. Mais je le suis déjà tellement peu par ta simple présence.

Au détour de l’échange du petit rouleau rougeoyant nos doigts s’entrelace, tu plonges ton regards dans le mien, ton souffle s’accélère, le mien se coupe… J’aimerais pouvoir stopper cet instant, j’ai trop peur que plus rien d’autre ne se passe. Pourtant tu es là, tu te rapproches de plus en plus, je sens tes lèvres sur les miennes. Mon souffle reprend enfin sa course et je te goûte enfin avec délice et avidité.

Tes bras m’entourent, me caressent encore timidement, et la pluie se met à tomber. Chacun de nous tremble, est ce le froid ou le désir ? Moi, si je tremble, c’est de désir mais de peur aussi et les mots n’arrivent plus à franchir la barrière de ma bouche. J’ai peur que tu t’esquives et disparaisse. Mais j’ai envie de tout risquer pour une nuit avec toi, une étreinte, jouir sous tes caresses, dévoré ton corps tout entier, qu’importe, je vendrais mon âme au diable !

La pluie transperce nos vêtement, imbibe le sol ou nos deux corps fusionnent presque…Tes mains glissent tant bien que mal sous le tissus qui colle à ma peau, tu finis par pratiquement arraché ma blouse imbibée d’eau, je sens la terre et l’herbe se coller à ma peau. A mon tour je te libère un à un tes vêtements, cette barrière si infime de tissus pour que je puisse enfin ressentir ta peau contre la mienne, percevoir tes frissons qui la parcoure…

Je perds toute inhibition, toute crainte, seulement le désirs d’être à toi, de te sentir contre moi, en moi, m’anime… Dans la nuit sombre et pluvieuse, les lumières de la fête au loin projettent des ombres sur nos deux corps entremêlés sur le sol boueux du champs…

J’ai encore envie de jouer, je te surprend et te renverse, m’installe à califourchon sur toi la pluie coule sur moi, je suis couverte de terre et d’herbe, tout comme toi. Je t’embrasse au creux du cou, descend petit à petit, te mordille, goûte ta peau, découvre ta saveur mêlée à celle de la terre.
Un instant de pure folie, de bonheur intense, de passion dévorante…Un regard troublé dans une foule, un instant d’égarement… j’avais cru t’apercevoir…

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By emma
On 19 février
At 21:58
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