Rendez-vous
Résumé : Il la désire, elle l’obsède… De son simple sourire, à son décolleté cotonneux, tout est prétexte à lui fait tourné la tête à s’évader dans son monde intérieur et fantasmer… Mais, là dans cette ruelle sombre, un baiser, une caresse, peut-être plus… Le début est peut-être un peu long mais j’aime bien planté le décor pour qu’on puisse entrer dans la peau du personnage...
***
Je ne sais pas ce qui m’a pris de t’inviter au cinéma. Peut-être aurais-je peur de me retrouver dans l’intimité de ton petit appartement ? Peut-être avais-je peur d’être trop prêt de toi, trop seul avec toi et que mes envies prennent le pas sur ma raison et mes principes ?
Alors voilà, un message simple « un ciné sa te dit ? ». Je n’eu pas à attendre longtemps le bip de mon portable, tu avais répondu avec enthousiasme et si vite, comme si en fin de compte tu attendais impatiemment mes messages ! Non, non, j’avais trop d’imagination, je commençais à réfléchir tel un collégien , alors que je suis loin d’y ressembler pourtant.
Pourtant ce rendez-vous fixé un vendredi soir par message avait des allures d’entrevue amoureuse de lycéens…
Mais je devais me faire une raison, il n’en était rien. Ton cœur appartenait déjà à quelqu’un d’autre et moi je sortais d’une relation trop tumultueuse et marquante pour relever le défi.
Le défi ? Toi, voyons ! je n’avais jamais rencontré quelqu’un aussi pétillent de vie, joueuse, taquine, piquante, pleine de maladresse qui accentuant encore plus ton charme. A se demandé même si cette richesse de personnalité était bien entièrement humaine et n’avait pas un soupçon de touche divine ou peut-être de démoniaque tellement s’en était fascinant et captivant… Oui c’était même trop tentant ! Etait-ce ça qui me perturbait ? Ou la profondeur de ton regard, ton sourire énigmatique et l’attention que tu me portais quand nous parlions des heures ?
Je bascule à nouveau dans la réalité au moment ou je t’aperçois surgir au coin de la rue d’un pas rapide longeant le trottoir dans ma direction et celle du cinéma, toujours ton petit sourire accroché à tes lèvres.
Aaaah, tes lèvres si tentantes, je rêve tellement de pouvoir y goûter… Je m’égard à nouveau, je dois rester polarisé sur l’instant et non dans mes vagues fantasmes, ne pas me laisser emporter par mes envies, par mon instinct de prédateur…
Tu t’approches de moi, j’étouffe un éclat de rire intérieur, je ris de moi-même, depuis quand suis-je un grand prédateur, voir même prédateur tout court ?!
Te voilà enfin prêt de moi, un peu essoufflée et les joues rougies par le froid, ton visage se rapproche du mien, tes joues effleurent les miennes et je sens ton souffle brûlant sur mes lobes, tu bafouilles une excuse pour ta petite minute de retard, tu t’es trompé de cinéma. Est-ce ta fameuse étourderie ou te perturberais-je aussi un peu ? ah non, encore je m’égare en fabulations telle une adolescente !
On entre dans le cinéma, enfin ! Mais je ne sais si c’est la chaleur de l’endroit qui me réchauffe ou ta présence… On se glisse jusqu’à la salle du bas, plutôt petite, il n’y a presque personne, on est dans les tous premiers. Intérieurement j’espère qu’on restera en petit comité. On a pas mal d’avance, alors comme d’habitude on papote de tout et de rien, et tu ris. J’aime ton rire…
La lumière se baisse, le film va commencer et la salle c’est presque entièrement remplis je n’avais même pas remarqué tellement tu me captivais. La musique du générique commence, les chuchotements dans la salle sombre s’atténuent et finissent par disparaître. J’entends désormais ta respiration légère et presque régulière. Elle m’intimide, tu m’intimides, je n’ose bouger de peur de rompre le charme.
Le film se passe, l’entracte habituel, les gens se lèvent. Nous on reste et on papote encore. Tes yeux pétillent et moi je bouillonne intérieurement. Le noir se glisse à nouveau dans la salle, mais la lumière de la toile blanche où les images défilent dessine le contour de ton visage, de ta poitrine soulevée doucement par ta respiration dans l’obscurité qui nous enveloppe. La séance se termine enfin, on laisse les autres spectateurs sortirent en premiers. On retarde le moment de sortir de cette salle sombre qui l’espace d’une centaine de minutes nous a rapproché dans une intimité proche et lointaine à la fois…
La clarté de l’entrée nous éblouit, le froid du dehors nous sort de cette langueur dans laquelle nous nous étions voluptueusement plongés côte à côte. Je fixe le rythme de mes pas sur les tiens, sur tes petites enjambées. Lentement on regagne le centre de la ville encore éclairé par les lumières du Noël d’il y’a quelques semaines. On s’interroge, où continuer notre soirée en tête à tête. Tes goûts sont identiques au miens, tu n’aimes pas les endroits trop bondés, fréquentés par de pseudo jetseteurs ou des adolescents trop bruyants.
On se dirige dans un bar qu’il nous arrive de fréquenter tout deux de temps à autres, ce soir là il n’est pas aussi bondé que d’habitude. Avant d’entrer tu me dis que ne sortant plus souvent tu ne connais plus grand monde dans les bar de la ville, pourtant dès le seuil franchi quelqu’un t’appelle par ton prénom… Et voilà tu distribues des bises et des bonsoir à tout vas, tu me présents, ce sont des collègues… Je me sens un peu jaloux, comme si on me volait de ton temps, de ta présence, se soir je te voulais à moi, rien qu’à moi !
J’essaie de noyer mes envies dans la bière, ou alors est-ce peut-être noyer ma raison et franchir cette limite que mes principes m’imposent ? L’heure tourne, le bar fermera dans quelques instants et j’aimerais pouvoir retenir les aiguilles qui égrainent le temps et rester auprès de toi même si je dois te partager avec cette multitude. Au moment où je crois devoir abandonner tout espoir, tu te retournes vers moi, un petit sourire au coin des lèvres et tu me propose de terminer la soirée chez toi…
J’en reviens à mes craintes précédentes, je vais me retrouver dans une intimité trop ambigue auprès de toi…Pourtant j’en rêve, je la veux cette intimité, je te veux toi. C’est comme un feu dans le bas de mon ventre qui se déchaîne.
A nouveau dehors le froid nous entoure et je te suis à travers les petites rues qui mène jusqu’à chez toi. Si je pouvais, te plaquer contre le mur d’un de ces bâtiments, emplir ton espace de mon corps et de ces murs pour que tu ne t’échappes, poser ma bouche sur la tienne, étouffer tes cris avec ma langue, sentir ton corps tendu sous la surprise et enfin s’alanguir en guise d’acquiescement à mon étreinte. Je glisserais une main sous ton manteau, jusqu’à de ton sein, tendre au travers duquel je sentirais les pulsions de ton cœur s’accélérer sous l’envie…Oui tu me désirais tout autant que je te désirs alors enfin tu te pendrais à mon coup, répondrais à mes baisers, riposterais à mes caresses en m’enserrant à ton tour. Le souffle court tu finirais par me repousser doucement et glisserais ta main dans la mienne pour m’entraîner jusqu’à chez toi. Ils serraient long ces 400 derniers mètres à parcourir, remplis de haltes dans chaque coin sombre pour nous enlacer encore et faire monter notre désir. Enfin à ta porte, frénétiquement tu fouillerais ton sac à main pour retrouver tes clefs. On se glisserait jusqu’à l’ascenseur, collé l’un contre l’autre, les yeux dans les yeux, le cognant battant la chamade.
Quelques marches, encore une porte et nous voilà chez toi. Tête en l’air comme tu es tu as encore oublié d’éteindre tes étranges petites lampes bleues. J’aime leur clarté tamisée qui donne des aspects de tente touareg à ton appartement où le salon est envahi de gros coussin moelleux et de bougies odorantes. Pas le temps d’allumer le reste de lampes de toute façon, tu es contre moi. Déjà tu fais glisser la fermeture éclair de ma veste, je déboutonne maladroitement ton manteau gris, ces premiers vêtements tombent à terre. Tu te blotties dans le creux de mon coup, tu respires mon odeur, tu m’embrasses suavement, me mordilles, glisses une main sous mon pull. Tes mains si douces me font frissonner. C’en est trop, mes pulsions deviennent incontrôlables. Je t’entraîne sur le lit, t’y pousse un peu brutalement. Je suis sur toi. Je fais sauter les pressions de ton chemisier et découvre avec merveille, la blancheur de ta peau contrastant avec la noirceur de ta lingerie brodée. J’embrasse ton cou, ta poitrine, j’y laisse traîner une main, que c’est doux, que c’est confortable, ma langue descend le long de ton buste, tu frissonnes je le sens. J’arrive enfin à la hauteur de ton jeans, ma bouche posé sur ton ventre, tu pousses un soupir. Je déboutonne le tissu rêche pour libérer tes hanches rondes et tendres toutes aussi blanches que tes seins rebondis. Je tire sur le tissu bleu entraînant tes dessous par la même occasion. Te voilà pratiquement nue, seuls tes seins sont encore retenus par la fine dentelle noire, que tu es belle !A ton tour tes mains s’affairent sur moi, tu m’aides à m’extirper de mon pull, de mon jeans, de mon boxer. J’ai encore envie de te contempler, mais tu ne m’en laisses pas le temps. Tu m’attires à toi, me griffes le dos, ton souffle s’accélère, tu m’embrasses, me mord la lèvre, tes mains caressent mes fesses. Je n’en peux plus, pas de préliminaires, pas le temps, le désir est trop fort, trop puissant. Je m’enfonce doucement en toi, d’un seul coup, mon regard plongé dans le tiens. Tu es prise d’un spasme, tu renverses la tête en arrière, et laisses échapper un long gémissement, presque un râle. Mon souffle est rauque, je te possède enfin, je suis en toi, entre tes reins. Le feu qui dévorait mon ventre me consume tout entièrement. Je m’enfonce toujours plus profond en toi, tes jambes se referment autour de moi pour accentuer encore plus l’étreinte. Le feu devient trop fort, je mords ton épaule, tu me repousses, te libères de moi, ta bouche picore mes joues, ma bouche, mon torse, tu murmures un « chuuuut », doucement à mon oreille. Tes mains effleurent mon aine, tu tournes autour de ma bite encore luisante de ton excitation. Tu te couches à coté de moi, sur le ventre, tourne la tête ver moi et me susurre « Vient ! ». Quel ordre voluptueux ! J’admire ton dos, je savais qu’il cachait un tatouage, du haut de la nuque au creux des reins se dessine un début de nature sauvage et fantasmagorique. Je m’allonge enfin et encore sur toi, tes fesses rebondies contre mon ventre, je prends appuis d’une main sur le matelas et de l’autre guide mon désirs dans le plus étroits de tes recoins. Facilement le premier anneau cède, je m’enfonce à nouveau en toi facilement, docilement tu te laisse faire et soupirs, soupirs. L’enlacement autour de ma queue se fait moins présent, tu gémis, tu ondules du bassin, demande encore, plus fort, plus loin. Ma main droite toujours en appuis, je glisse la seconde sous ton seins, je sens ton téton saillir et raidir. Je suis au plus profond de toi, je sens que je vais exploser, tu gémis de plus en plus fort, l’étau autour de ma bite se met à palpiter et tu….
Tu m’appelle par mon prénom, j’entends un rire cristallin c’est le tien. Brusquement, violemment je retourne à la réalité, tu me pinces le bras, nous sommes devant chez toi, j’ai marché à tes côtés, perdu dans mes fantasmes tel un enfant la tête dans les nuages. Tu ris et me demande à quoi je peux bien penser, où je me suis perdu en rêverie pour avoir les yeux si brillant.
Tu cherches tes clés, la porte, puis l’ascenseur, la seconde porte, les lumières allumées dans le fond de la pièce, un sentiment de déjà vu mais un goût amère dans la bouche, car il manque le sucre de tes lèvres…
Tu balances ton manteau gris sur la première chaise venue, m’envois sur le canapé et sort deux bière du frigo. Tu as branché ton ordinateur qui diffuse une playlist qui devrait s’écouter l’un contre l’autre. Tu as retiré tes chaussures, détaché tes long cheveux bruns qui ondule sur tes épaules et es venue t’asseoir en tailleur en face de moi. Ce soir encore on parlera des heures, jusqu’à l’aube peut-être, et on se dira au revoir sur le pas de ta porte, quand tu feras claquer un baiser sur mes joues je n’oserai déraper de peur que tu ne te dérobes.
J’espèrerai encore en silence que tu me retiennes…






